Un peu d'histoire Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Admin   
26-03-2006
L'idée du commerce équitable n'est pas nouvelle. Lors de la Conférence des Nations Unies pour le Commerce Et le Développement (CNUCED) en 1964 à Genève, le principe "Trade but not Aid" (Du Commerce mais pas de l'Aide) fut lancé par les pays en voie de développement, puis repris, à la conférence suivante en 1968 à New Delhi, mais sans succès. Cet échec a stimulé quelques groupes néerlandais à chercher des voies alternatives. Ainsi, en avril 1969 fut ouvert à Breukelen la première "Boutique Tiers Monde". L'objectif était de vendre des produits artisanaux du Tiers Monde achetés directement aux artisans. L'initiative connut un franc succès, car deux ans plus tard quelques 120 boutiques commercialisaient ces produits. Le véritable démarrage du commerce équitable remonte à 1973, date d’introduction du café INDIO (indio Solidaritätskaffee), fourni directement par des coopératives du Guatemala. Les ventes de café dépassèrent rapidement celles des articles artisanaux.

En 1988, un label "Fair Trade" sous le nom de "Max Havelaar" est attribué pour la première fois à un café. Max Havelaar est un personnage clé dans l'histoire des Pays Bas : héros d'un roman du même nom écrit par Multatuli au XIXe siècle, il symbolise la révolte d'un citoyen contre l'injustice du système colonial de l'époque en Indonésie. La création de ce label amorce une toute nouvelle approche du commerce équitable : sortir du circuit alternatif pour entrer dans la grande distribution La labellisation permet la vérification des conditions de production et de commercialisation pour chaque produit, rendant possible une stratégie de commercialisation dans différents types de points de vente, y compris la grande distribution, recherchée pour sa puissance de vente. En quelques mois, les ventes de café équitable atteignent aux Pays Bas 2% des ventes totales de café.

D'autres pays s'engagent dans cette voie : soit en utilisant le label Max Havelaar, soit en créant leur propre label (Transfair et Fairtrade). Parallèlement, de nouveaux produits alimentaires bénéficient à leur tour d’une labellisation : thé, cacao, miel, sucre, banane, jus d’orange, etc... En 1997, les trois organisations proposant des labels de commerce équitable (Max Havelaar, Transfair et Fairtrade) se réunissent au sein d'une structure unique : FLO International (Fair Trade Labelling Organisation), afin d’harmoniser les critères par produits et de partager les registres de producteurs, par fédération ou pays membre.

En France à la même époque, la Plate-Forme Française du Commerce Equitable, créée à l'initiative de Max Havelaar, regroupe les principaux acteurs du commerce équitable : Agir Ici, Andines, ASPAL, Artisans du Monde, Artisanat SEL, CCFD, ECHOPPE, ISF, Max Havelaar, ISTOM..... Ce collectif vise notamment à promouvoir le commerce équitable auprès de l'opinion publique française.

Le commerce équitable est donc apparu dans les années 1960 en Europe. Mais ce n'est que depuis une quinzaine d'années qu'il s'est véritablement développé. Il connaît depuis la fin des années 1990 une période de très forte croissance. En France, le secteur du commerce équitable s’avère au départ plus discret. En octobre 2000, seul un français sur 10 avait entendu parler du commerce équitable ; en 2005, ils sont 74% (sondages Ipsos). Ce bond spectaculaire traduit les efforts de sensibilisation des acteurs du commerce équitable, mais également une certaine prise de conscience des Français.
 
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