Nous ferons un monde équitable Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par MG   
28-02-2006

NOUS FERONS UN MONDE ÉQUITABLE

par Francisco Van Der Hoff

(fondateur du commerce équitable)

éditions Flammarion
Collection : SCIENCES HUMAINES
Genre : SCIENCES HUMAINES
Date de Parution : 02/05/2005

prix Alapage : 17,10 euros


L'auteur, à qui le Président du Brésil, Lula, a demandé de former son administration au développement durable, vit avec environ deux dollars par jour. Il ne mâche pas ses mots, même s'il a puisé sa force dans le silence - ce qui nous vaut de jolis passages sur le partage du silence - dans cet ouvrage édifiant qui est à la fois solide sur le plan informatif et puissant sur celui du coeur.

Car c'est un être humain qui s'adresse aux autres ("l'autre comme une partie de soi"), dénonce d'entrée le néolibéralisme et ôte toute idée de hasard dans le déséquilibre Nord-Sud.

Ayant vécu l'aventure du commerce équitable à ses débuts - il en fut le fondateur dans les années 80 - Francisco Van Der Hoff, qui est prêtre (mais critique envers l'Église catholique en tant qu'institution qui "prétend défendre les pauvres mais soutient les coups d'État militaires"), aime, comme il le dit, poser les questions que l'on n'ose pas formuler.

Né dans la campagne hollandaise, fils de fermier, lui-même petit producteur au Mexique, vivant parmi eux depuis vingt-cinq ans, cet auteur direct, militant, impliqué, et jamais naïf (il en a trop connu le prix dans sa jeunesse), critique le rapport du système à la personne en Occident. Nous rappelant que le commerce équitable s'appuie sur une démocratie de producteurs et de consommateurs, il définit avec pédagogie et aplomb l'ensemble des pratiques commerciales que cela nécessite. Quand il écrit "Il nous faut réapprendre à rêver mais les yeux grands ouverts" il formule, comme il le fait dans ses conférences à travers le monde, mais aussi en travaillant la terre de ses mains, que le commerce solidaire n'est pas une idélologie de l'éthique venue remplacer le commerce néolibéral qui nous distribue chaque jour son venin ("libéralisme responsable" et non "capitalisme compassionnel"). Ce n'est pas une capitulation, c'est une alternative, avec ses lois, ses luttes, son organisation, son coût, et ses limites aussi. L'auteur ne nous vend pas un paradis à coups de slogans, il explore un programme qu'il maîtrise et applique. Un livre sur le privilège d'être digne qui se lit comme un roman dont on sort grandi et invité à le devenir davantage.

 
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